Xinjiang (Chine) à vélo

Une route sans fin dans les steppes.

 

Route : 

Routes de bonne qualité en général, un peu trop grosses et trop courues. Du coup, on est plutôt content de tomber sur de petits axes (ça arrive parfois).

Tout au nord, le paysage est fait de grosses steppes sans fin, un peu plates et monotones avec des habitants uniquement retranchés dans les villes. Pas mal de belles montagnes et de longs plateaux rythment la région centrale.

 

Hébergement :

Camping sauvage interdit. Il est vraiment possible que la police débarque. Dans des régions reculées, la population locale aide parfois mais elle n’en a pas le droit et peu s’attirer de gros ennuis. Du coup, en essayant de camper sur un terrain privé, on a tôt fait de risquer la délation.

Comme le pays est souvent dénué de végétation, il est difficile de se cacher. On peut chercher une vallée latérale dans les zones montagneuses et parfois tomber sur des petits paradis à deux cents mètres d’une route fréquentée. L’altitude aide bien pour rendre la région moins habitée.

Dès que les villages commencent à s’emboiter ou qu’une large ville pointent son nez, l’exercice du camping sauvage est plus périlleux : beaucoup de personnes, des champs, des usines dégueulasses ou des regards indiscrets.

Pas mal de routes ont des sortes de tunnel ou des canalisations permettant le passage de la pluie qui n’arrive jamais. Le coin est idéal pour camper. Personne n’aura l’idée d’y jeter un coup d’œil et l’espace est plus que suffisant… De véritables palaces sous le bitume.

Seuls quelques hôtels sont autorisés à loger les étrangers. Ils sont en général plutôt chers et limités aux villes. Du coup le camping sauvage est une nécessité.

 

Sécurité :

La région est sûr n’en déplaise à la police. Par contre, ces derniers sont une engeance.

Il y a des contrôles à chaque entrée et sortie d’agglomération. On peut parfois parvenir à éviter un contrôle en passant sur le trottoir. Ces contrôles prennent du temps et le fait d’en avoir eu un trente minutes avant n’y change rien. Autres carrefours, autres policiers, autres lois. Il est utile d’avoir une traduction (pas besoin que ça soit officielle) de sa nationalité, de la première page de son passeport et d’y indiquer la date de son entrée en Chine. La police passera à l’hôtel et sera plus ou moins intrusive suivant les endroits. Elle peut même décider d’écourter votre séjour. Il arrive souvent que les policiers veulent jouer copain copain avec l’étranger, histoire de moins s’ennuyer. Le voyageur doit loger à l’hôtel mais la police n’est pas en mesure de contrôler l’hébergement des derniers jours ou semaine. Par contre, si elle croise un voyageur quand la nuit approche elle se sentira dans l’obligation de l’envoyer à l’hôtel au besoin manu militari.

Se faire arrêter dans une région où il n’y a pas d’hôtels à des kilomètres juste avant que la nuit ne tombe serait embêtant mais dans ces régions, la police se fait heureusement plus rare. Le plus probable est de se faire interpeler pas trop loin d’un hôtel.

 

Langues :

Le chinois rend tout incompréhensible mais je n’ai pas l’impression que la langue soit difficile à apprendre. Il suffirait d’un peu de volonté pour atteindre un niveau permettant de se débrouiller pour le minimum.

Par contre leur niveau en langues indo-européennes est très bas, inexistant le plus souvent.

Dans la région, il y a aussi beaucoup de minorités. Le Kazakh et l’Ouïghour sont encore bien répandus. Dans la préfecture autonome mongole de Bayin’gholin, le mongol était de loin minoritaire. Il était parlé avec un accent pas évident mais compréhensible.

Les Chinois (policiers et hôteliers uniquement) sont passés maître dans l’utilisation d’applications de traduction qui permettent de se comprendre plus facilement. Par contre, les relations deviennent robotisées et utilitaires. Je ne suis vraiment pas fun.

 

Visa :

Visas aux durées de validité variable en fonction des consulats qui fonctionnent à leur manière et qui peuvent tout bloquer pour d’étranges raisons comme un simple tampon turc dans le passeport. Pour montrer patte blanche à l’ambassade, il suffit de réserver des hôtels sur internet ne demandant pas de payement par carte de crédit pour tout le séjour. Il est aussi possible d’utiliser un site offrant des réservations de billets d’avions fictifs ou d’en obtenir un dans une agence. Le plus simple est de faire son visa dans son pays ou d’y envoyer son passeport.

 

Intérêt touristique :

Franchement, si le but est simplement de faire du vélo, le Xinjiang n’en vaut pas la peine tant la police est gênante. Il vaut mieux choisir un autre massif montagneux ou une autre région de Chine pour profiter de la culture chinoise. La culture locale est étouffée.

L’intérêt de la région est avant tout sa répression policière.

 

Remarques complémentaires :

Population plutôt sympa mais on ne se comprend pas. Ça ne vaut de loin pas la chaleur des pays alentours.

 

 

 

Voyez-vous le col ?