Conseils voyages à vélo: Sujets traités ci-dessous

 

- Choix d'un vélo pour un tour du monde 

- Dormir sous un pont

Choix d'un vélo pour tour du monde

Poids du vélo sans bagage, 16,7 kilos.

 

N’étant pas un spécialiste du cyclisme, mais ayant déjà connu ses affres, avec, notamment,  environ quinze mille kilomètres de vélo-randonnée dans ma jeunesse, je me suis résolu à quelques principes simples :

  1. J'ai pris du solide. Je préfère être un peu plus lourd, plutôt que de perdre le peu de temps que je gagne grâce à une relative légèreté dans des réparations sans fin.

  2. J'ai opté pour un vélo aux couleurs pas trop flashy dans une tentative désespérée de ne pas attirer l'attention de potentiels voleurs.
  3. J’ai cherché un cadre en acier. Ils sont plus faciles à resouder que les cadres en aluminium et ils vieillissent mieux. Mais ce n’est pas la principale raison. Ces cadres se vendent beaucoup moins que par le passé et surtout à des gens intéressés par le cyclotourisme ou à la durabilité. Je savais que si le vendeur était en mesure de me vendre ce genre de vélo, il en connaîtrait un bout sur le cyclotourisme et pourrait me donner des conseils plus adéquats. Après quelques déceptions, je suis tombé sur le magasin Cyclocampeur à Vevey qui m'a donné entière satisfaction (http://www.lecyclocampeur.ch/).

  4. J’ai choisi du matériel de bonne qualité, mais surtout du standard pour être sûr de pouvoir facilement trouver des pièces de rechange. Pour ces raisons, mes roues sont en 26 pouces, ça me facilite grandement la vie pour chercher des pneus et des jantes de rechange.

  5. J’ai choisi des pneus deux pouces, pour avoir une meilleure adhérence au sol et pour ne pas avoir de problèmes en dehors de l’asphalte. La perte de vitesse n’est en réalité pas très conséquente. En dessous de 20 km/h, les gros pneus sont plus roulants (plus d’info ici : http://mapage.noos.fr/ptis.trucs.sympas/pneus.htm#profil).  Je les gonfle aux alentours de 4 à 4,5 bars et ils ne se dégonflent jamais tout seul… Impressionnant!

  6. Au vu de mes 25 à 30 kilos de bagages sans la nourriture, j’ai investi dans des porte-bagages avant et arrière pour équilibrer le vélo et ne pas surcharger la roue arrière qui dans ce genre de voyage est en général le composant qui morfle le plus.

  7. Un de mes portes-gourde est spécifique, pour pouvoir transporter des bouteilles en pet de 1,5 litre. Du jour au lendemain, les designers sont devenus mes ennemis. Leurs nouveaux modèles de bouteilles plus élancés sont souvent trop longs pour mon porte-gourde.

  8. J’ai posé une sonnette supplémentaire en forme de perroquet. Je l’avais achetée il y a dix ans déjà, mais je n’avais jamais pu me résoudre à l’installer sur un nouveau vélo jusqu’à ce jour… Depuis, à chaque fois que je la remarque, je me demande  « mais pourquoi n’ai-je pas choisi la jolie tortue verte plutôt que cet horrible volatile ?

  9. J’ai une selle Brooks, dont les rares anglais que j’ai rencontrés sont très fiers. Elle ne paye pas de mine mais elle est très agréable. Elle est en cuir et s’adapte à la forme des fesses.

  10. J’ai une dynamo intégrée dans mon moyeu. Elle fonctionne superbement. Je peux aussi l’utiliser pour recharger des téléphones portables. Ça marche mais il s’agit à mon sens plus d’un gadget, sauf le jour où je traverserai un désert sans fin avec du réseau dans tous les recoins !!!

  11. Les pédales. J’ai opté pour des pédales avec relief mais sans clip ni cale-pied. Je perds certainement un peu en rendement mais les risques de chute diminuent clairement en particulier dans des villes inconnues ou sur des routes aux secrets inattendus. De plus, bien qu’il existe des chaussures à clip confortables autant pour marcher que pour pédaler, elles ne sont pas toujours faciles à trouver dans les magasins à vélo du bout du monde. Une alternative intéressante sont les pédales mixtes, une face avec clip la seconde sans.  

 Pour des considérations plus techniques, vous trouverez toutes les informations en russe (oui, bon, je sais...) à la page suivante : http://forum.poehali.net/index.php?board=24;action=display;threadid=90904

 

Mon vélo est un Papalagi de Cycletech. Je ne peux pas m'en plaindre.

Dormir sous un pont

Coin bucolique, romantique, sauvage et tout ce que vous voulez!
Mais le pont est en bois. Espérons qu'il ne pleuvra pas trop.

Je me rappelle ce dialogue dans le film italien «Nos meilleures années » : 

- Tu vois dis la mère à sa petite fille, avec les bêtises de ton père, on va devoir vendre la maison et on habitera tous sous un pont ! 

- Que c’est beau, sous un pont !   S’exclame la fille.

Au-delà des a priori de pauvreté et de romantisme, il peut être agréable de ne pas devoir monter la tente et de pouvoir sécher ses affaires. C’est aussi une alternative quand le camping sauvage est interdit, les logements hors de prix, les autochtones suspicieux et que personne ne vous autorise à planter votre tente. Et oui, dormir à la belle étoile, ou sous un pont ne tombe pas sous l’interdiction de faire du camping vu qu’il n’y a ni tente ni mobil-home à l’horizon !

 Le problème, c’est que l’on ne choisit pas son pont, comme on ne choisit pas sa croix. Il apparaît au détour d’un méandre. Il faut alors s’assurer :

  1. Que le niveau d’eau de la rivière ne risque pas de monter rapidement pendant la nuit et de surprendre le dormeur.
  2. Que la descente sous le pont est praticable avec un vélo (pas trop raide, glissante ou risquée). Attention aux hautes-herbes dans lesquelles on peut facilement s’encoubler.
  3. S'assurer que le pont est habitable. Il est préférable d’avoir une tente autoportante (c’est-à-dire qui peut tenir sans que l’on plante des sardines) et évaluer s'il est nécessaire de monter la moustiquaire.
  4. Contrôler qu’il ne s’agit pas d’un pont-levis!
  5. Ne pas oublier d'évaluer l'imperméabilité du pont.
  6. Ne pas choisir un pont trop bruyant. Parfois la rivière couvre le bruit des voitures. D’autres fois, des cales aux deux extrémités, créent un bruit sec pas très confortable. Il faut aussi être conscient du fait que le trafic est en général plus intense de bon matin qu’en soirée.
  7. Le coin est-il trop lugubre, un lourd passé -accidents, suicidés- vous empêchera-t-il de fermer l’œil de la nuit ?
  8. Dans les régions urbanisées, il faut être conscient de l’éventualité d’être réveillé par des tagueurs et autres noctambules.  

Pont solide, prêt d'une rivière profonde avec même une terrasse privative!