Début d'un tour du monde à vélo?

Petit tour en Suisse

Ce voyage commence à Aigle, le 13 mai 2015. Après une nuit à la belle étoile au bord du lac de Gruyère, mes roues me guident dans une douce traversée de la Suisse allemande et du Liechtenstein. Je continue par la Bavière ponctuée de deux incursions en Autriche.

Après une période incertaine, le mauvais temps me poursuit. Pendant neuf jours, je n’ai droit qu’à trois courtes éclaircies. Durant ma période au Walensee, la neige se rapproche dangereusement et Les températures descendent jusqu’à cinq degrés. Belle occasion pour tester le matériel et le mental !

La neige se rapproche dangereusement

Parfois, au pied d’une ferme, un distributeur automatique de lait ou l’affiche de produits frais font le bonheur du cycliste de passage. Une paysanne loquace désire se mettre aux nouvelles de cette suisse romande exotique, distante d’une bonne centaine de kilomètres.  Au-dessus de son automate à lait, une affiche et deux prénoms qu'elle a installés lors du marriage de son fils il y a quelques années déjà.  La peinture et donc le couple tiennent toujours ! La paysanne m’apprend aussi que le champ d’à côté est argovien. Mes débuts dans le canton de Zürich sont réussis !

Détour par le Liechtenstein

Dans le tranquille Vaduz dont les créations modernistes parsèment la vieille ville, je suis une attraction pour les groupes de Japonais qui me photographient sans gêne. 

Dans cette extension de la Suisse, au-delà des échoppes de couteaux et de montres payés en franc suisse, l’accent vire vers l’autrichien et je pars à la recherche des traces de monarchie.  

Un petit air d'Autriche

A peine la frontière autrichienne passée, mes pensées se tournent soudainement vers mes amis russes toujours à l’affut de traces du déclin moral de l’Occident. Le terminus de l’Europe se matérialise sous mes yeux par des publicités déroutantes. Mais cette fois-ci personne n'est là pour faire de moi l'avocat de tout un continent. 


« La vie est pleine de hauts et de bas. Nous sommes là pour vous. Bienvenue à la banque autrichienne »


« Economisez comme un roi. Depuis Feldkirch, 9 fois par jour, direct pour Vienne à partir de 29 euros. Les chemins de fer autrichiens»

« Tout est possible. Naissance d’une nouvelle espèce ». Campagne publicitaire à l’occasion de l’ouverture des studios Spitzar à Dornbirn (Autriche).

En attendant le beau temps en Bavière

En venant de la Suisse, l’Allemagne surprend par ses grands espaces, ses bourgades charmantes, ce devoir moral d’aider le passant en déroute et cet intérêt pour la bicyclette qui ne se limite pas au vélo de course. A chaque terrasse les questions s’entremêlent : Où vais-je ? Par où ? Avec quel type de vélo ? Quelles sacoches ? Un homme me lance : « vous allez en Mongolie ? Mongolie, c’est le nom du prochain village, c’est ça ?» Il éclate de rire puis ajoute: «Elle est bien bonne celle-là !»

Les mélodies de la langue de Goethe dévoilent leur panache. Vers la frontière tchèque, je la trouve tellement chantante que je crois à chaque fois converser avec un immigré italien. En Bavière, il me faut trois jours pour défricher la salutation des autres cyclistes dont le "Hallo" est devenu "Servus". Un jour en Suisse allemande, j'ai reçu la traduction en allemand d’une discussion en Suisse allemand. La tonalité, l’accent et même les mots semblaient les mêmes mais ils devenaient compréhensibles par une sourde magie.

Sous la pluie battante, je m’arrête devant la roulotte d’un vendeur de kebab. Il vient dans le village une fois par semaine depuis sept ans. Les habitués sont vite au fait de mes intentions et désireux de m’aider. Sans demander aucune autorisation au tenancier, ils m’invitent à aller me réchauffer dans la roulotte à côté de la friteuse.

Le vendeur turc aura été la seule personne à corriger mon allemand pendant tout mon séjour en Allemagne: le passé composé de « bleiben » devient « gebleiben ». Le frère de mon beau-frère peut dormir sur ses deux oreilles : je progresse en Allemand !

L’Allemagne sait se montrer accueillante. Les rencontres se succèdent. Je suis accueilli chez Hajar et Michael à Wasserburg, installés pour quelques temps, mais espérant repartir bientôt à vélo sur les routes du monde. Ondina et Hans près de Bad-Füssing me dévoilent un mode de vie alternatif plein de douceurs. Florian et Maria à Huttuturm me préparent à la République tchèque.

Hans et Ondina devant leur magasin